30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 21:47

On est en droit de se demander si Patrick Devedjian n’a pas outrepassé ses droits ?   


Quand nous apprenons que le département des Hauts-de-Seine, vient de supprimer la subvention annuelle de 900 000 euros à l’Université de Nanterre, qui enseigne à 30 000 étudiants et emploie 2150 salariés, alors que parallèlement  Le Pole Léonard de Vinci et ses 3000 étudiants se voit attribué une subvention de 10 millions d’euros, ajoutée aux nombreux travaux de rénovation qui y ont été faits.


Le croire serait confondre les effets et les causes :



Les points clés de la Réforme des Universités,  dans La Loi Autonomie et Liberté des Universités n°2007-1199 du 10 aout 2007, posait déjà les premiers jalons de cette  pratique.


Une lettre adressée  par Nicolas Sarkozy et François Fillon, le 5 juillet 2007,  à Valérie Pécresse Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, définissait  les grandes lignes de cette Réforme :

  

Madame la Ministre,

 (…)  mettre fin à l’inacceptable gâchis que représentent l’échec universitaire et l’inadéquation de nombreuses filières d’enseignement supérieur aux besoins du marché du travail. (…) conduire rapidement plus de bacheliers vers l’enseignement supérieur, plus d’étudiants vers le diplôme, plus de diplômés vers l’emploi.(…) dans un délai maximum de cinq ans (…)  moyens attribués aux établissements d’enseignement supérieur en fonction de leurs résultats en matière d’accès de leurs étudiants au diplôme et d’insertion de leurs diplômés sur le marché du travail. (…) Nous voulons que la France devienne un lieu d’excellence universitaire et scientifique. Vous identifierez quelques campus universitaires susceptibles de devenir des campus de réputation mondiale, en particulier le plateau de Saclay qui sera considéré comme un grand chantier présidentiel. Vous veillerez à la création de campus de réputation européenne dans les régions. Les conditions de l’emploi scientifique seront intégralement revues afin de retenir nos meilleurs éléments et d’attirer les meilleurs enseignants et chercheurs du monde entier et de leur offrir des conditions de travail, de carrière et de rémunération valorisant le talent et la compétence, et comparables à la situation des chercheurs et des enseignants dans les autres grandes nations développées. (…) l’augmentation du nombre de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, aussi bien dans les filières courtes que longues, l’amélioration du rang de nos établissements d’enseignement supérieur dans les classements internationaux, avec l’objectif de classer au moins deux établissements français parmi les 20 premiers et 10 parmi les 100, l’augmentation de notre effort de recherche et de développement pour atteindre 3% du PIB d’ici 2012 et l’amélioration nette de nos performances en termes de dépôt de brevets, publications scientifiques, et accueil d’étudiants, enseignants et chercheurs étrangers.

Le Président de la République                                             
Nicolas Sarkozy  

Le Premier Ministre 
François Fillon

 

 

Donc que Patrick Devedjian considère que l’Université de Nanterre ne soit pas apte à fournir les cadres nécessaires au Quartier d’Affaires des Hauts-de-Seine, et ne présente même aucun intérêt pour le Département, la Loi telle qu’elle a été votée le rend inattaquable.


Mais cette loi ne faisait que valider une pratique existant depuis toujours :


Dans un article de Chantal Sayegh-Dursus qui parut dans le journal LE LYCEEN du mois de Juin 2008,   elle est clairement explicitée :

"UNIVERSITE OU ECOLE ?

 

Avantages et inconvénients

 

L’Université

 

 L’Université est incontournable pour les études médicales ou juridiques.

Certaines filières concurrencent avantageusement les Ecole de Commerce, tels les Master en Sciences de Gestion (MSG), les Master des Sciences et Techniques Comptables et Financières (MSTCF),  les Instituts Universitaires professionnalisés (IUP) ou les Méthodes informatiques appliquées à la Gestion (Miage). Certains DEA et DESS professionnels, dispensent un enseignement correspondant à la seconde année de Master des écoles de Commerce. Ils seront totalement accrédités pour vous permettre d’envisager une thèse de Doctorat,  que vous préparerez, en trois ans, en tant que doctorant. Ce qui n’est pas toujours possible en venant d’écoles privées, même conventionnées. 

 

L’Université s’est aussi ouverte, depuis peu, à l’apprentissage et de nombreuses passerelles existent jusqu’au troisième cycle.

 

Bien qu’elle soit jusqu’à ce jour gratuite, hormis les coûts d’inscription,  et gérée par la carte scolaire l’entrée à l’Université nécessite une bonne préparation préalable et une autonomie certaine. Car les cours, souvent magistraux, demandent un investissement et un travail personnel non négligeable. En outre, les TD sont généralement bondés et seule une motivation à toute épreuve vous permettra de surmonter la première année, où en moyenne un étudiant sur deux est recalé.

De plus, avant de s’engager dans un cursus, il est prudent de vérifier si les filières envisagées seront en mesure de vous former à un métier à terme ou à la préparation d’un concours (le Capes, l’Agrégation ou l’ IUFM).

Choisir une filière bateau en attendant d’être fixé sur votre future vocation est fortement déconseillé, car cela conduit habituellement à de cruelles déceptions.     

 

 

Les Grandes Ecoles

 

Les étudiants y sont admis sur dossier et également après des concours très sélectifs, précédés généralement de deux  années de prépa. 

Les Grandes Ecoles sont payantes et coûtent, de plus, beaucoup plus cher à l’Etat que les Universités. Grâce à  ce  budget très important, les enseignants recrutés, souvent les meilleurs  de leurs spécialités, sont aussi des professionnels du monde de l’entreprise.

Dans ces Ecoles, l’étudiant  reçoit la meilleure préparation possible pour son futur métier.

Les nombreux stages qui jalonnent sa formation lui permettent de se familiariser progressivement et tout en douceur avec son futur emploi.

A la fin de ses études, qui sont généralement de cinq ans,   il sera  pleinement opérationnel et pourra ainsi intégrer le monde du travail (80%) avec facilité. De plus les contacts qu’il aura initiés pendant ses stages ainsi que le parrainage des anciens de son Ecole, constitué de cadres d’entreprises issus souvent des mêmes Ecoles, lui assureront dès le début une intégration optimale dans son poste.

 

 Cependant l’entrée dans ces Ecoles a un coût. L’étudiant devra passer de nombreux concours et ceci dans différentes Ecoles avant d’être accepté. Il devra, en effet, postuler dans plusieurs afin d’avoir la possibilité  de multiplier les chances d’être choisi afin d’en sélectionner la meilleure. Tous ces concours sont payants et très onéreux. Il devra également se déplacer pour les passer dans différentes villes de l’hexagone et prévoir d’y séjourner un à trois jours.

Une fois admis il devra trouver un logement sur place et un financement pour les cinq années d’études.   

 

S’il est parfois reproché aux élèves des Grandes Ecoles d’être préformatés et d’être désarmés devant l’imprévu,  nul ne pourra les accuser de ne pas adhérer à la culture de leur entreprise.



 

 

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